L'ancienne église de Pradelles

Pour offrir un sanctuaire plus vaste et moins vétuste que l'église d'alors de style roman  le 11 février 1900, au cours d'une cérémonie solennelle, sont prononcés les adieux à la vieille église. La démolition commence au mois de mars. On découvre de grande quantité d'ossements dans les fouilles, ce qui confirme l'ancien droit de sépulture attribué aux grandes familles de l'ancien régime. Des bières en plomb , des perruques, des pièces de monnaies égarées des troncs ou de la quête sont également trouvées. Le 26 juin 1900, le vicaire général Touzet préside une bénédiction de la première pierre provenant de l'ancienne église.Un parchemin y est scellé relatant cette cérémonie. L'église sera inaugurée le 12 novembre 1902.

La Fontaine Sainte Reine

L'église Saint-Clément est à proximité d'un chemin de Compostelle, Les ruines de la chapelle Saint-Clément sont les vestiges d'un petit enclos prieural qui paraît remonter au 11/12e siècle. Le catulaire du Monastier mentionne l'existence au 11e et 12e siècle d'une ancienne église prieurale dépendant de l'archiprêtre de Sablières et, secondairement, de l'église Notre-Dame de Pradelles. Ce prieuré semblerait avoir été fondé par des moines bénédictins de Langogne. La paroisse a subsisté jusqu'en 1832, date à laquelle , le tout a été rattaché à Pradelles.
Près de l'entrée de l'église, en soubassement du chemin d'accès, on voit une voûte en berceau brisé abritant deux sarcophages de pierre. A quelques mètres du chevet, la fontaine Sainte-Reine auprès de laquelle se devinent plusieurs sarcophages. En contrebas de l'ossuaire, un bâtiment rectangulaire semblerait être un ancien prieuré-cure. Beaucoup d'ossements humains ont été trouvés au cours de fouilles , car l'église était entourée d'un cimetière qui dut être désafecté en 1832 lorsque la commune de Saint Clément fut rattaché à celle de Pradelles.
La légende veut que Ste Reine de passage à Saint Clément se soit reposée dans ce vallon verdoyant et baignée dans le ruisseau voisin. En reconnaissance, elle fit jaillir une source qui avait le pouvoir miraculeux de calmer les enfants grognons et pleurnichards. On y venait encore en 1912 des communes voisines (Langogne et Lespéron notamment) assurent quelques rares témoins, aujourd'hui disparus de cette touchante dévotion.
La fontaine Sainte Reine est très certainement une de ces fontaines sacrées du temps des druides que les premiers apôtres du christianisme ne pouvant abolir et se contentèrent d'annexer à la nouvelle religion en changeant simplement le nom de la divinité paîenne qui était vénérée. Il existe non loin de là, un trou des fades, et on sait que les fées avaient des rapports avec le druidisme. Tout celà prouve que Saint Clément fut habité à une époque très reculées et bien avant Pradelles.

Le prieuré de Saint Clément et la fontaine Sainte Reine

Dans la vallée de l'Allier, à deux kilomètres en contrebas de Pradelles, la petite route goudronnée du château de Mazigon ne tarde pas à laisser place à un chemin carrossable, puis à un pâturage où laisser la voiture et quelques certitudes. En enjambant la chaussée des géants, c'est en effet dans un autre monde qu'on vient de mettre le pied, un monde dans lequel l'histoire et la légende se confondent, à l'ombre des frênes comme à l'abri du temps. Saint-Clément intrigue, console et inspire.


«Quand j'étais gamin, on faisait rouler les tibias en marchant !», se souvient Dominique Beguin, pour qui Saint-Clément a d'abord été un terrain de jeu. Aujourd'hui, Saint-Clément n'en finit pas d'interroger ce géologue consultant, président de Tourisme en pays de Cayres-Pradelles, un pays qui fait figure de port d'attache dans sa carrière de bourlingueur.

La présence de ces ossements n'a rien d'étonnant en réalité, car Saint-Clément-sous-Pradelles, c'est d'abord un prieuré bénédictin puis une paroisse dans laquelle on a compté jusqu'à une centaine d'âmes.

Parmi ces vestiges, le portail roman de l'ancienne église est sans nul doute le plus significatif sinon le plus emblématique. Il a été consolidé en 1965 à l'initiative de Bernard Féminier, des Amis du vieux Pradelles. «A une époque, on voyait même le dallage», note Dominique Beguin. Mais en ce mois d'août, l'herbe folle a pris possession des lieux et la mousse recouvre les pierres ancestrales.

Comme il était d'usage, le cimetière voisinait l'église, désaffectée semble-t-il en 1832, quand Saint-Clément fut rattaché à Pradelles. Cela explique la présence d'un enfeu très ancien en bordure du chemin, à la voûte ogivale de style gothique.

Ce petit édifice explique Christian Bucillat, président des Amis du vieux Pradelles dans l'un des bulletins, était érigé à portée immédiate de l'église et du cimetière pour permettre de faire reposer un cercueil par temps de terre gelée interdisant tout creusement de tombe.


 

Article publié le 13/08/2011 à 09:16
Auteur : Rédaction L'Eveil
Crédits photos : L'Eveil