GR470 – La Vallée de l’Allier

GR470 – Les Gorges de l’Allier

A travers la Margeride 

Le château du Mazigon aujourd'hui

Je ne voudrais pas vous narguer mais j'ai passé trois heures superbes. Que je l'aime cet endroit. Je regarde cette maison forte à la base comme un gosse devant un gros paquet de bonbons, les yeux grands ouverts, je n'en perds pas une miette. Quand on aime le passé, les vies d'avant et surtout voyager par la pensée, le top est au sommet. Je vous raconterai un bout de son histoire tout en respectant la vie privée des gens qui sont encore en vie aujourd'hui. Retenez quand même que malgré ses transformations au fur et à mesure du temps et de son histoire, cet endroit existait déjà au moyen âge.

Les seigneurs de la Beaune au Mazigon

Un grand merci au Propriétaire de cet endroit pour m'avoir donné l'opportunité de vous communiquer ses quelques photos.Ce lieu est privé et habité. En attendant, chapeau et respect à ce monsieur pour toute l'énergie qu'il mets à la conservation de ce patrimoine familial, pour le plaisir de nos yeux, sans oublier les moyens financiers colossaux qu'il faut pour y parvenir. Très modestement il dit ! C'est votre château, en parlant de la région. A méditer.

Le MAZIGON

 

Petit résumé historique du propriétaire actuel du Mazigon.

 

La première trace officielle du Mazigon remonte à 1295 lorsque son seigneur, Raymond de Tartas, rend hommage à l’évêque du Puy. La tradition familiale fait remonter les origines aux environs de l’an mille lorsque des familles venues du midi, victimes d’une rude sécheresse, sont venues chercher eau et riches pâturages. Jusqu’en 1410 la maison forte fut habitée par plusieurs seigneurs pariers de Pradelles. Il avait pour nom « Mas Hugon » ou « Mas Hugues ». A cette époque les mas prenaient pour nom leur fondateur. Certains ont conservé ce nom encore dix siècles plus tard. C’est le cas du Mazigon.

Comme beaucoup de demeures anciennes les incendies, les guerres, les modernisations ont transformé la vieille demeure. Bâtie en dur en 1410 (probablement en grande partie en bois avant) la demeure fut partiellement détruite au cours des guerres de religion ( 1578 probablement).

Reconstruite entre 1640 et 1643 pour une troisième vie par noble Jean de Romieu, la partie ancienne fut peu modifiée depuis, mais agrandie fin du 19° siècle par un bâtiment nouveau à la place d’une ancienne tour, lui donnant davantage l’apparence d’un petit château. Une grande partie des pièces ont été modernisées à cette époque, seule la cuisine remarquable est restée dans son « jus » d’origine.

Le Mazigon est resté plus de 350 ans dans la même famille. Une demoiselle de Romieu ayant épousé en 1745 un seigneur de Ribains.

Il retrouve une cinquième vie au 21° siècle par les travaux de restauration et de modernisation entrepris par l’actuel propriétaire.

 

 

Pradelles d'antan

Pradelles est située au carrefour de la haute loire , de la Lozère et de l'Ardèche, entre les gorges de la Loire et de l'Allier, à l'extrémité méridionale de la chaîne volcanique du Devès.  

Pradelles domine l'ancien village de Naussac aujourd'hui devenu le lac de Naussac .

Notre président DOMINIQUE BEGUIN est une fervent de l'histoire et reste un partisan inconditionnel dans ses recherches. Grâce à lui, nous découvrirons au fil de ses découvertes un peu mieux les racines qui ont façonné notre région en y laissant un patrimoine extraordinaire .

L'ordre des chevaliers du temple

L'ordre des templiers est une confrérie médiévale très fermée , voir presque mystérieuse . De nos jours , on continu de leur attribuer des activités occultes, c'est pourquoi l'on peut entendre des légendes variées et rocambolesques comme des malédictions diverses ou le trésor secret des templiers. Il faut cependant savoir que les templiers était une armée puissante , spirituelle et économique avec une influence importante dans le monde. La Haute Loire possède un patrimoine important de leur présence au temps du moyen âge. Même si les templiers on disparu en 1312, leur présence reste encore ancrée dans nos esprits et nous continuons de nous interroger sur leur histoire.

croix de Malte (Pradelles)
croix de Malte (Pradelles)

Les biens visibles des Templiers furent en grande partie attribués aux Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, Ordre qui deviendra plus tard celui des Chevaliers de Malte. Après la dissolution de l'Ordre des Templiers , Certains entrèrent dans l'Ordre des Hospitaliers, d'autres  devinrent prêtres séculiers et un plus grand nombre choisit de retourner à l'état laïque et ont pris une occupation professionnelle rémunérée , entre autres comme bâtisseurs d'édifices sacrés. Dès le XII e siècle on demande aux sculteurs employés  d'illustrer à leur manière leurs travaux, leurs symboles deviendront  une expression de leur foi et nous renseignera sur l'histoire locale .

L'histoire de La Sauvetat

 

A l'origine de La Sauvetat, il y a eu une commanderie de l'ordre des templiers, les mentions relevées dans les documents anciens permettent de se faire une idée de la façon dont cette commanderie fonctionnait. Cette commanderie est mentionnée dans un acte dès 1164, alors que l'ordre du temple n'a été officiellement fondé que le 22 janvier 1129.

 

Elle était située en bordure du chemin de Régordane, voie principale vers la Méditerranée et le Port de Saint-Gilles, à l'extrémité du Velay, juste en limite du Vivarais qui, à cette époque, on ne faisait pas encore partie du royaume de France. A cette époque, le port de Saint-Gilles était le principal port permettant aux chevaliers comme aux pèlerins de s'embarquer vers la Terre Sainte.

 

Comme la plupart des commanderies d'Europe de l'ouest, elle avait un rôle principalement agricole, les revenus étant destinés à soutenir l'effort de reconquête et de défense des lieux saints. Peut-être, servait elle aussi à élever les chevaux dont les Moines-chevaliers du Temple avaient besoin.

 

Elle comprenait une exploitation agricole et une église qui allaient devenir le noyau d'un village. En qualité de Sauvetat, elle servait de lieu d'asile pour les serfs fuyant leur condition.

 

Deux autres installations importantes existaient. Une mesure à grain, mentionnée dans un acte de 1319, et un péage, perçu au lieu dit, La croix de La Sauvetat à la frontière entre Velay et Vivarais.

 

A côté de La Sauvetat, se trouvait, toujours en bordure du chemin de Régordane, le château de Charbonnier, tenu par la famille de Montlaur, sous l'autorité de l'évêque du Puy. Il avait pour fonction d'assurer la sécurité des voyageurs, le péage de Charbonnier a été attribué à l'évêque du Puy par le roi de France Philippe-Auguste en 1219.

 

Lorsque l'ordre du Temple fut abolit, en 1313 par Philippe le Bel et le concile de Vienne, les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem reçurent leurs possessions et en 1370 et 1383, c'est le frère Robert de Chateauneuf, commandeur de la commanderie de la maison de l'hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem qui rend hommage à l'évêque du Puy du village, forteresse et haute justice de La Sauvetat.

 

 

Voyage de Dom Jacques Boyer en Mai 1712

 

Jacques Boyer est né le 7 mars 1672, au Puy-en-Velay, sur la paroisse Saint-Georges, il rentra dans les ordres et fit profession le 30 avril 1690, à l'âge de 18 ans. Il se livre alors à des recherches historiques qui l'amènent à correspondre avec de nombreux érudits, dont Denis de Sainte-Marthe, qui fut chargé, en 1710, de réviser l'histoire générale des églises de France, la « Gallia Christiana ».

 

Dom Jacques Boyer fut associé à ces recherches et reçu pour mission d'aller recueillir des éléments nécessaires à cette mise à jour. Dans les provinces ecclésiastiques de Bourges et de Bordeaux.

 

Le 9 mai 1712, Dom Jacques Boyer est invité à manger chez M. Laussac, Chanoine de l'église Saint Vosy, en compagnie de trois chanoines de la cathédrale (Messieurs Mauzac, Bernard et Rome), d'un chanoine de Saint-Vosy (Monsieur Nolhac le jeune) et de deux autres personnes (Monsieur Molin et Monsieur Roudil). Il prend ensuite congé de de Monsieur le Doyen et des principaux chanoines et se rend chez Monsieur La Coste, dernier consul où il fait collation en compagnie de deux  choriers 

(Messieurs Lashermes et gendre) qui l'accompagnent ensuite jusques aux portes de la ville du Puy.

 

Arrivé  au faubourg d'Avignon , il rencontre deux autres ecclésiastiques, Monsieur Bergonhon, sescal, et Monsieur Nolhac l'aîné, chanoine de Saint Vosy comme son jeune frère. Ces deux amis l'invitent à descendre de cheval et à  boire un coup avec eux .

 

Je pris ensuite le chemin du Monastier. Je rencontrai frère Gauthier, convers de cette abbaye ; nous bûmes un coup à Coubon, après avoir passé la Loire. C'est un prieuré dépendant de cette abbaye, et dédié à Saint-Georges, premier évêque du Velay .  J'arrivai à Monastier un peu tard et toute la nuit il y eut un tonnerre épouvantable, avec beaucoup de grêle, etc...

 

Il va examiner, à cette première étape, les archives de l'abbaye Saint-Chaffre du Monastier :

 

Dom Benoît Plagnol, chantre et prieur claustral, m'ouvrit les archives, et je vérifiai ce que D. Estiennot a extrait du Cartulaire qu'ils appellent le Livre Rouge, et qui est fort ancien.

 

Les frères convers ou oblats ont conservé, à ce que l'on prétend, l'ancien habit de Lérins. Ils sont vêtus de tanné ou noir naturel; outre le scapulaire, il y a au haut du capuchon une banderole, large d'environ cinq pouces, pendante par derrière..

 

Je fus coucher à Goudet, où il y a un frère convers habillé de même .

 

le 11 mai, il dit la messe de Saint-Mayeul dans l'église conventuelle des Bénédictins de Goudet.

Ce monastère est situé auprès de la Loire, à deux lieues de Monastier , il dépend de l'abbaye de Tournus.... Il y a six moines qui ont peu d'éducation et de religion, et point de science.

 

Je ne trouvai pas un seul document, ou papier dans ce prieuré, et ces bons moines ne surent jamais dire de quel saint sont les reliques enfermées dans deux châsses de bois doré qui sont au maître autel.... .

 

Le château de Beaufort est tout auprès de Goudet, sur un rocher escarpé au bord de la Loire.

 

Je partis de Goudet . Je fus coucher à Mazan, abbaye de l'ordre de Citeaux, au diocèse de Viviers, dans une vallée de la forêt de Bauzon, sur le bord de la petite rivière des Itiers. Je passai par des chemins détestables et j'eus de la peine à trouver ce monastère. L'église est basse, humide et obscure. Le cloître est ancien et matériel , il y a un recoin où l'on faisait la lecture, et un autre où il y avait une fontaine devant la porte du réfectoire qui sert à présent d'écurie.

 

Auprès de l'église de Mazan, il y a une chapelle dédiée à Saint Martial. Anciennement, on y disait la messe pour les femmes, qui ne pouvaient entrer dans les églises de Cîteaux.

 

Il passe les 12 et 13 mai dans les archives de l'abbaye à faire des extraits du Martyrologe et du cartulaire de Mazan , une liste exacte des abbés.

Il part de Mazan le 14 mai au matin pour se rendre à l'abbaye cistercienne des Chambons qui est éloignée de celle de Mazan de trois lieues. Le chemin est difficile , on passe continuellement dans les bois, sans trouver un seul village, et toujours en montée ou descente.

 

L'abbaye des Chambons, est située sur les montagnes du Vivarais, au bois de Bauzon, dans une vallée fort froide et fort angustiée, l'église est assez jolie. Il y restera du 15 mai, dimanche de la Pentecôte, au 17 mai, jour où  Il y avait foire à Lobaresse, qui est à une demi-lieue des Chambons.

 

Le 18 mai, il part des Chambons. Je fis collation à une lieue des Chambons, au bourg de Saint-Etienne . Puis il va traverser l'Allier à gué à demi-lieue de sa source, à Luc, où il y a un ancien château, et un prieuré dédié à saint-Martin, et dépendant de l'abbaye de Cruas.  L'existence du gué de Luc est signalé en 1255, ce gué permet à la route d'Aubenas de franchir l'Allier un kilomètre en amont du Pont

des anglais ».

 

Je grimpai sur une montagne fort escarpée, que l'on appelle Chapedeluc, et

après la montée, j'entrai dans les bois, et arrivai enfin à l'abbaye des Dames de Mercoire, qui est fille de Mazan-sous-Cîteaux. Elle est située dans un vallon caché et affreux. L'église est toute délabrée, par la fureur des Huguenots , on fait le service dans le chapitre. 

Il y avait eu dans cette abbaye, jusqu'à  cinquante religieuses bénites, quinze demoiselles, plusieurs convers ou oblats, quatre aumôniers, deux prédicateurs.

 

Il ne repartira de Mercoire que le 20 mai : Je partis, très content, de Mercoire , je passai par le Cheylard-l'évêque, et par le bourg de Saint-Flour, et je dinais à Langogne... 

 

La ville est assez agréable . Il visite les établissements des capucins, des  Filles de Notre-Dame et de celles de Saint-Joseph , ainsi que l'église  des Saints Gervais et Protais qui est un prieuré dépendant du Monastier .

 

Puis il va coucher à Pradelles  à trois quart de lieues de Langogne. Cette ville est située sur une montagne.

 

Le 21 mai 1712,  Je dis la messe à Notre-Dame de Pradelles, chez les Révérends Pères Dominicains.  Il relève l'année de la fondation du couvent des  Filles de Notre-Dame  et indique que  L'église des Jacobins est célèbre par les fréquents miracles que Dieu y opère en faveur de Marie. (Le terme de Jacobins est, en France, synonyme de Dominicains).

 

Puis, après avoir diné à Pradelles, chez M. d'Aubignac, il veut rentrer coucher au Puy, mais, arrêté par la grêle et la pluie plus de trois heures à Bizac , il doit reste coucher au Brignon et n'arrivera au Puy que le 22 mai, après dîner.

 

Voilà comment une légende naît d'un fait historique

L'aventure de Mandrin n'a duré que deux ans

En 1588, Pradelles est loin d'être une oasis de paix au milieu de la guerre civile. Elle avait déjà été pillée en 1568 par une armée de protestants de 25 000 hommes aux archés de Jacques II de Crussol, dit le baron d’Acier, capitaine des guerres de religion. En 1574, aux états du Vivarais, Pradelles se range du côté des Catholiques. 

A découvrir

http://www.mandrin.org/campagnes-de-mandrin.html